#32 - Dresscode et sexisme

Dorian Lacaze
Dorian Lacaze 11 décembre 2018
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  • Le code vestimentaire nous permet d'attribuer à un inconnu les caractéristiques du groupe auquel nous le rattachons. Grâce à lui nous reconnaissons le pompier à son uniforme, l'avocat à sa robe, le policier à sa matraque. Il est bien pratique : pas besoin de faire réciter les principes d’hépato-gastro-entérologie à notre médecin, il nous suffit de voir sa blouse ! Voilà un policier, voilà un médecin, voilà un avocat ; mais aussi voilà une mégère, voilà une femme fatale, voilà une fille facile… De la même manière que nous accordons notre confiance à un médecin en partie parce qu’il porte une blouse, nous jugeons une femme en partie d’après la longueur de sa jupe. Le dresscode, en rendant possible un jugement, rend possible un préjugé.

 

"Judgement" de Rosea Posey, 2013

 

La représentation du corps féminin

 

  • Cette photo de Rosea Posey pose la question de la représentation du corps féminin. Chaque graduation correspond à une longueur de jupe et à un stéréotype féminin : la matrone, la sainte-n'y-touche, la vieillotte mais aussi la provocatrice, la salope ou la pute. Bien vite, on se rend compte que ces stéréotypes sont érotiques. La norme féminine ce situe quelque part entre la sexualité atrophiée de la matrone et l’hypersexualité de la salope. Dans les deux cas, le regard social constitue le corps féminin comme un objet de désir. On se sert même de cette érotisation pour formuler un jugement moral ! La salope ferait plus que porter une jupe courte : elle serait un être moralement abject qui ne recule devant rien pour arriver à ses fins. La sexualité féminine comme injure, voilà qui a de quoi nous faire méditer sur nos représentations. La photographe va plus loin.

 

 

« J'ai réalisé un jour que lorsque je regardais une femme en short je me disais "c'est une traînée" .» Rosea Posey dans une interview relayée par le magazine ELLE.

Le sexisme comme réflexe 

 

  • Cette déclaration révèle l’intérêt de l’œuvre : le sexisme n’est pas l’apanage de quelques imbéciles ! L'artiste ne fait pas que condamner le regard sexiste, elle révèle le sexisme qui se cache dans son propre regard. Si le sexisme ne triturait les méninges que de quelques arriérés il ne serait pas l’objet d’une si longue lutte. Le problème est qu'il se loge dans les moments ou notre pensée n’a pas le temps de se former, dans les moments ou nous nous approprions le monde par réflexe, dans des moments de préjugés.

 

  • Mais d’où viennent ces stéréotypes sexistes ? Comment se fraient-ils un chemin dans nos têtes ? Peut-on s'en passer ? Nous essaierons de répondre à ces trois questions la semaine prochaine, dans le dernier article consacré au dresscode. 

 

Vous trouverez les sites des photographes Allaire Bartel et Rosea Posey ici et .

 

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