Le bien-être au travail

Une meilleure vie d'entreprise pour toi salarié.

Introduction

 

Bonjour cher lecteur ! Tu trouveras dans ce blog plusieurs indices qui te permettront – je l’espère – de remonter la piste d’un être rare, d’un bien-être rare : le bien-être au travail.

Ici de nombreux articles de RSE[1] t’attendent. Des articles qui interrogent l’engagement au travail, les relations humaines, l’efficacité et la communication mais aussi le repos, la tranquillité et la place du travail dans nos vies. Nos articles sont loin de l’objectivité ; ils s’articulent même autour d’une croyance : le bien-être au travail est possible !

 

Par quelle magie, au nom de quelle engagement ?

 

Pour répondre à cette question, soyons précis : nous ne parlons pas de bonheur ou d’épanouissement mais de bien-être, de bien et d’être, de la manière dont ils se tiennent côte à côte.

Que se passe t-il lorsque tu t’exclames dans un rire franc : « Aujourd’hui je suis bien ! » ?

Deux idées croisent le fer : le bien et l’être. Deux idées, deux titans de la pensée, deux question qui donnent le tournis : Qu’est-ce que le bien ? Qu’est ce que l’être ?

 

[1] Responsabilité Sociétale des Entreprises. Derrière cet acronyme se cache une idée simple : les entreprises sont responsables de l’impact qu’elles ont sur la société qu’elles forment avec leurs employés mais aussi de leur impact sur la société dans son ensemble.

Le bien-être

Qu’est ce que le bien ?

 

Ecrire « le bien » c’est déjà supposer qu’au-delà « des biens » (une voiture, un livre, une licence de sport, la santé) que je possède il y a quelque chose qui fonde leur unité, une définition générale du Bien avec un grand « B ». Il est difficile de parler de Bien, de Mal sans les rattacher à un dogme moral quelconque. Pour éviter de prendre le chemin sinueux du Bien dogmatique, contentons-nous d’une simplicité : je désire ce qui m’apporte un bien.

Si j’ai cette voiture plutôt qu’une autre, ce livre plutôt qu’un autre c’est qu’au moment ou je les ai acquis, je les désirai. 

Le désir signale le bien comme le phare marque la côte.

« Tout art et toute recherche, de même que toute action et toute délibération réfléchie, tendent, semble-t-il, vers quelque bien. Aussi a-t-on eu parfaitement raison de définir le bien : ce à quoi on tend en toutes circonstances. »[1]

Et pourtant il y a des désirs pervers, des tensions malveillantes. En nous comme en l’autre sommeillent des pulsions qu’il nous faut combler, des désirs à détourner, une définition du bien en formation. Le désir ne peut être la seule marque du bien, il faut lui adjoindre les forces de la morale. Lorsque l’on parle de ce qui est bien, on parle en réalité du désir secondé par la morale.

Pour autant, le phare du désir n’éclaire pas que le bien, il nous prévient aussi que sous nos pieds s’ouvre le gouffre du manque. Je désire ce que je ne possède pas, ce qui me manque.

Si l’on place le désir face à l’être, le bien-être se pose comme le désir d’être ce que l’on n’est pas encore.

 

 [1] Aristote, Ethique à Nicomaque, 1, I.

 

L’être.

 

« L’être est, le non-être n’est pas : chemin de la certitude qui accompagne la vérité. »[1]

Cher lecteur, marchons sur la pointe des pieds, avançons avec prudence : nous cheminons à l’ombre d’un colosse de l’esprit ! Gardons-nous de parler trop haut de peur de réveiller les milles questions qui s’agitent autour de l’être. 

L’être dit quelque chose de précieux : je suis jeune, vieux, petit, grand, noir ou blanc...etc. La longue liste de ce que je suis donne à la formation de mon être une unité et une originalité ; autrement dit une identité. Mon être évolue avec la vie qui passe, avec les actions que j’y déploie : « je » change. Voilà qui nous dit beaucoup sur le bien-être.

Se mettre en quête de bien-être c’est en réalité chercher à orienter son être vers ses désirs. Être bien c’est tout simplement alors faire ce que l’on veut.

Pourtant tout n’est pas si simple : pour faire ce que l’on veut, encore faut-il que rien ne fasse barrage à notre volonté. Encore faut-il être libre.

Je désire le bien comme quelque chose qui manque à ce que je suis. « Je » dois alors changer pour être en accord avec mes désirs. Pour le pouvoir il faut que rien ne se mette entre moi et mon bien, entre ma volonté et ma puissance : il faut que je devienne libre.

Voilà qui révèle quelque chose du bien-être : le bien-être est un devenir-libre.

 

[1] Parménide, Poème.

Le bien-être au travail

Nos articles traitent de motivation, de communication, d’employeur, de salariés, de bureaux et d’entreprises, c’est-à-dire du bien-être au travail. Si les espaces de travail sont des lieux privilégiés de la recherche du bien-être, c’est qu’il s’y trouve beaucoup de mal-être. Ce malheur entraîne les maux que l’on sait : manque d’engagement, énorme turnover en entreprise, absence de cohésion dans les équipes, communication interpersonnelle inexistante, leviers de motivation introuvables.

 

Qu'est-ce que devenir libre au travail ?

 

Le travail ne doit pas être un obstacle naturel à la liberté, bien au contraire : il doit être libérateur. Un travail libérateur augmente le nombre de nos désirs et notre capacité à les réaliser. Il nous permet de faire ce dont nous ne nous pensions pas capables, fait naître en nous des envies nouvelles, nous permet de reconnaître dans ce que nous faisons ce que nous sommes.

Tout travail est cependant ambigu : il est à la fois une activité et un environnement.

Pour déployer le double sens du travail, suivons un maçon.

Le travail du maçon est de construire une structure. Tout son labeur, de la taille des blocs de marbre à leur assemblage en passant par la confection du mortier se rapporte à la construction de sa structure. L’art du maçon se déploie partout ou son activité l’exige.

Cependant, le maçon qui se lève le matin et annonce à sa famille « je vais au travail », donne au mot « travail » un autre sens. Il n’est plus question de son activité mais  de l’entreprise où il se rend, de ses collègues, des performances qu’on attend de lui, du patron qui le contraint. Le travail n’est pas qu’une activité, c’est aussi et surtout le contexte dans lequel on agit.

Le bien-être au travail désigne deux choses : la liberté dans l’activité du travail et la liberté dans l’environnement de travail.

 

Le travail comme activité

 

Se sentir bien dans son activité au travail ne semble pas poser problème : dans le corps qui agit, dans la pensée qui se matérialise, l’être au travail s’exalte de lui-même. Si le travail n’était qu’une activité pratique, c’est à dire une suite d’agirs, il serait toujours déjà un devenir-libre. Le maçon qui taille la pierre lui imprime une forme qui n’existait pas avant qu’il se mette au travail, la maison qu’il bâtit sort de ses mains : son travail a été créateur de sens. En se perfectionnant dans son activité il voit sa puissance d’agir augmenter, il voit ses désirs se matérialiser : ses affaires le libèrent.

Pourtant, dès lors qu’il ne peut plus choisir ses outils, ses formations, la façon dont il taille, dès lors qu’une organisation du travail lui est imposée, il cesse de créer, il cesse de se libérer. La multiplication des process, des deadlines et d’un rythme de travail qui n’est pas le sien risque de ravaler le travailleur au rang d’outil. Sous le poids de contraintes qui ne viennent pas de lui, la source de son engagement au travail finit par s’épuiser. Le dernier levier de motivation est monétaire, le travailleur entre dans la spirale de l’emploi alimentaire, son turnover important, ces équipes sans cohésion, son inhumaine quête de performance.

Le bien-être en entreprise est pourtant une condition de possibilité de l’atteinte de l’objectif principal des entreprises : la rentabilité. Sans outils de fidélisation de ses salariés, sans charte du bien-être au travail, sans un travail sur les relations humaines au sein de l’entreprise, sans la mise en place d’outils de communication internes une entreprise aura tôt fait de voir le mal-être de ses employés se transformer en faillite assurée.

Ce constat semble aujourd’hui partagé par beaucoup : les entreprises et les salariés en quête des outils et des formations que nous venons d’évoquer ne cesse d’augmenter.

 

 Parenthèse sur la mesure du bien-être au travail.

 

Prenons un moment pour ouvrir une parenthèse qui concerne l’un d’entre eux, celui qui permettrait de mesurer le bien-être au travail. Tu t’en souviens, le bien-être au travail est un devenir-libre dans l’activité ainsi que dans l’infrastructure ou cette activité se donne. Il s’agit pour l’homme de devenir, c’est-à-dire d’être en mouvement, de se dépasser, de se réaliser, d’être ce qu’il n’est pas encore. Puisque le bien-être est un mouvement ininterrompu et pas un état stationnaire, il ne peut être mesuré.

Il est en plus devenir-libre, or la liberté n’est pas une quantité de facteurs : elle est une qualité qui refuse tout entre-deux, tout mi-chemin. Soit l’on est libre soit on ne l’est pas, il n’est pas question de semi-liberté pas plus qu’il n’est question de semi-vie. Entre la liberté et son absence, nulle passerelle.

En tant que devenir et en tant que qualité, le bien-être au travail échappe à la mesure de sa quantité.

 

Le travail comme environnement.

 

L’environnement de travail embrasse tout ce qui au travail ne dépend pas du seul travailleur.

L’ergonomie des postes de travail, l’architecture des bâtiments, les méthodes de travail, le modèle hiérarchique, les relations humaines, les process : tout cela nous l’appelons environnement de travail. On aurait tort de croire que seul le télétravail fait obstacle à l’environnement délétère. Sans nier la libération véritable que le télétravail apporte à l’employé, tâchons d’explorer d’autres voies du devenir-libre. Quelques solutions aux problèmes du travail peuvent se trouver dans l’agencement de son espace : en créant une salle de sport, des bureaux respectant la santé des salariés ou des espaces d’exposition, on met en place une prévention efficace du stress au sein de sa société.

 

Quand le métier devient source de stress : le cas du Burn-out.

 

La pratique du management qui pense que la performance est un autel où le bonheur et l’épanouissement doivent être sacrifiés n’est pas sans risque. L’augmentation du stress amène parfois l’esprit trop professionnel jusqu’au point de rupture. La brisure rend tout métier absurde, transforme toute journée en tranche de néant, toute solution en erreur. Le burn-out ne doit pas s’expliquer uniquement par le caractère de l’employé mais aussi par celui de l’employeur, qui porte la responsabilité du management et de la prévention. La victime de burn-out voit tous les espaces de travail se réduire, devenir autant de carcans. Tout bonheur n’est pourtant pas à jamais inaccessible : le temps qui passe redonne au monde un sens dont le stress l’avait privé. 

La communication en entreprise

Les relations humaines ne sont pourtant pas beaucoup plus complexes ici qu’ailleurs : tout y est affaire de communication. La communication, entité complexe dépendant de nombreux facteurs, peut être verbale, non verbale, interpersonnelle, de groupe ou de masse. Au travail elle ne cesse jamais. On y communique le plus souvent entre personnes : avec des collègues, avec un employeur, avec, en somme, les individus qui nous entourent.  La salle de réunion devient, le temps d’une formation professionnelle ou d’une étude de marché le lieu privilégié du brouhaha communicatif.

 

La communication non-verbale

 

La communication non-verbale a une part importante dans ces échanges constants.

Une petite anecdote de bureau nous convaincra qu’une grande part de la communication n’a pas besoin de mots.

Tu observes ton collègue depuis quelques temps : dès le matin tu as remarqué son visage cerné et ses traits tirés. Les heures qui passent n’ont rien arrangé, au contraire. Voilà ton malheureux collègue arrivé à la fin de la journée comme certains arrivent à la fin d’un calvaire. Ses épaules se haussent et s’affaissent à un rythme dangereusement constant, sa tête dodeline : le sommeil va l’étreindre. A l’autre bout du couloir voilà un supérieur indirect qui surgit. Tout en lui communique son statut : inutile pour lui de se présenter. Ses gestes précis, la façon qu’il a de marcher, sa mine préoccupée et efficace s’en chargent pour lui. La rencontre de ses deux extrêmes ne peut rien donner de bon, tu t’en rend compte et assènes un discret coup de pied à ton voisin exténué qui se réveille et te remercie d’un regard entendu.

Rien n’a été dit, tout a été clair. La fatigue coupable de ton collègue, le souci que tu as eu de son image dans la hiérarchie de l’entreprise, le rapport de tension qui existe entre dirigés et dirigeants. La communication reste éloquente dans son mutisme. L’étude des postures, des gestes et des regards de l’autre me permettent de donner un sens à mes propres postures, mes propres gestes, aux regards que je lance. Il se forme dans une équipe de travail comme un ballet, un entrecroisement d’habitudes, une cabriole de sourcils froncés ou de rires attendus : un véritable sport de bureau. Réussir à faire germer dans un groupe des habitudes de communication communes, une intelligence émotionnelle suffisante pour prendre soin de ceux qui nous entourent nous paraît être nécessaire à une cohésion d’équipe profonde.

Il faut alors travailler la communication verbale, celle par laquelle on formalise dans le langage ce que l’on veut communiquer.

 

La communication verbale

 

Plusieurs obstacles se dressent sur la route de la communication verbale. Il faut éviter les maladresses de langage, esquiver les malentendus et les jugements a priori, ne se montrer ni dur ni indécis, ménager chacun sans sacrifier le message à faire passer. Expliquer à son somnolent camarade pourquoi son comportement pose problème, en comprendre les raisons, entendre surtout ce qu’il a à dire, tout cela sans l’accuser ni le brusquer.

Que de maîtrise pour réussir un tel exploit ! Pourtant la communication positive existe, elle fait passer un message sans jugement, sans rien sacrifier du désir d’agir de l’autre, en le poussant à l’action. La communication positive a ses techniques : ne jamais utiliser de formulation interro-négative, ne pas faire de reproche, utiliser la description générale plutôt que le ressentiment personnel. Au-delà des techniques qui sont propres à chacun, la communication positive doit être une disposition : la volonté de ne pas écraser ses collègues dans le discours, de ne pas enfermer leur potentiel créateur, leur travail libérateur dans un carcan d’ordres et de reproches. Un bon exemple de communication maladroite est l’emploi du terme « collaborateurs » par un employeur tyrannique pour désigner ses salariés. En croyant donner à ses subordonnés l’illusion de l’égalité, il ne fait que leur rappeler à longueur de journée qu’ils n’ont de collaborateurs que le nom.

Pour une communication interpersonnelle réussie, il faut considérer l’autre indépendamment de nos préjugés, de nos représentations, il faut le considérer comme un autre soi-même. Entamer avec lui une communication honnête, un dialogue véritable : un maillage de deux (dia) raisons (logos).

Pour finir

Le bien-être au travail, en entreprise, pose des questions pour le moins complexes. En premier lieu qu’est ce que le bien-être ? Qu’est ce que le bien ? Qu’est ce que l’être ? Nous avons donné du bien une définition minimale : le bien est l’horizon vers lequel le vent du désir et les voiles de la morale nous poussent. Le bien est un désir, c’est à dire aussi le constat d’un manque. La quête du bien-être est alors la recherche d’une convergence entre l’être et le désir. Autrement dit, être bien, c’est pouvoir faire à la fois ce que l’on veut et ce que l’on doit. Pouvoir faire ce que l’on estime être sa volonté et son devoir, c’est être libre.

Le bien-être pousse l’homme dans un devenir-libre.

Ce devenir-libre en entreprise se réalise facilement dans la dimension émancipatrice et créatrice du travail. Il doit se conquérir là ou se dressent les murs qui enferment le travail dans une répétition de process imposés. L’environnement de travail a une influence considérable sur le bien-être des employés. Ici se jouent les raideurs hiérarchiques, les rapports tendus entre collaborateurs, la gestion de la pression, des performances, la place de l’individu dans une organisation qui le dépasse. Ce travail fait la part belle au théâtre, les relations y sont bien souvent convenues, employés et employeurs y jouent sans risque une pièce attendue et leur communication interpersonnelle sonne souvent creux.

Elle a pourtant une importance décisive dans le mal-être de l’entreprise et la vie de bureau. En rendant le feedback dans la communication cryptique, en utilisant des techniques de management oppressantes, en multipliant les ordres et les consignes, on achève de tuer la liberté dans le travail. On empêche par la même les travailleurs de ressentir un bien-être en entreprise, c’est-à-dire de devenir libre.

Pour que la communication change au sein de l’entreprise il lui faut les outils nécessaires à son développement, les techniques sans laquelle ces outils ne seront pas maîtrisés mais aussi et surtout la volonté sincère d’établir entre chacun un dialogue véritable.

 

Cher lecteur, j’espère que tu trouveras dans nos articles des pistes d’interrogation, de prévention, des indices d’améliorations et peut-être même des réponses aux problèmes qui agitent ta société.

 

« Le grand principe directeur vers lequel convergent tous les arguments développés dans ces pages est l'importance absolue et essentielle du développement humain dans sa plus riche diversité. »[1]

[1] John Stuart Mill citant Willhelm Von Humboldt en dédicace de, De la Liberté.

 
Positivement, ☺