Où est le dress code ?

Dorian Lacaze
Dorian Lacaze 6 décembre 2018
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Trouvons Charlie !


 

Charlie l’a bien compris, on ne plaisante pas avec le dress code ! Difficile d'arriver en marcel, les tongs sont déconseillées en boîte de nuit, les shorts mal vus dans les mariages. Sommes-nous pour autant destinés à tous nous ressembler, à devenir identiques ? Mais sans dress code, on aurait l’air de quoi ? Un cadre dynamique sans blazer passe encore, un punk aux cheveux propres pourquoi pas, un hipster rasé à blanc reste du domaine du possible. Mais un avocat sans robe, un trader sans cravate ou un médecin sans blouse ont de quoi étonner. Imagine un médecin consultant en tenue de vacance : il peut être aussi bon qu’un autre et pourtant, tu ne pourra t’empêcher de le soupçonner d’être incompétent ou frivole. Tu sais bien que l’habit ne fait pas le moine, qu’il ne faut pas juger un livre sur sa couverture et que l’hirondelle ne fait pas le printemps. Enfin quand même, un médecin en chemise hawaïenne ça fait beaucoup…

 

Un bonbon rouge perdu parmi de nombreux bonbons rouges'Le dress code tient une part importante dans nos représentations puisqu’il nous permet d’attribuer à un inconnu un certain nombre de qualités.'

 

  

Plus qu’une apparence, l’habit est le signe d’une appartenance. En portant la même blouse que tous les autres, ce médecin isolé signale qu’il appartient au corps médical. Il n’est plus un inconnu ! Tu peux transférer sur lui tout ce que l’imaginaire collectif rattache à la médecine. Cette blouse atteste qu’il a prêté le serment d’Hippocrate, qu’il a passé de longues et pénibles années à apprendre son métier : elle signale son engagement et son savoir.

Dés lors comment ne pas avoir confiance ? La blouse ne fait certes pas le médecin, mais elle nous permet d’imaginer qu’un individu particulier a les qualités du groupe auquel son habit le rattache. L’habit change la manière dont je me re-présente ce médecin. Il se présente à moi une première fois, objet indéterminé dans l’espace. Je me le re-présente en interprétant sa forme : c’est une femme, elle est petite, rousse, âgée, elle a des boucles d’oreilles et plus important, elle porte une blouse blanche ! Le dress code tient une part importante dans nos représentations puisqu’il nous permet d’attribuer à un(e) parfait(e) inconnu(e) un certain nombre de qualités.

  

Je me dirai que parce qu’elle est une femme elle est incompétente, probablement vénale, sans doute un peu bête.

 


Mais que savons-nous vraiment de ces qualités que nous présupposons ? Après tout, rien ne me dit que ce médecin ne cache pas une imposture. Peut-être n’a-t-elle fait qu’enfiler cette blouse sans avoir passé aucun diplôme. Les représentations que nous rattachons aux vêtements ne sont pas des connaissances solides. Les informations qu'elles nous donnent nous permettent de former des pré-jugés – des jugements basés sur le socle mouvant de l’imaginaire collectif.

J’ai pris l’exemple du préjugé que forme en nous une blouse blanche, prenons-en un autre. Le médecin est une femme et pour peu que mon imaginaire soit sexiste je rattacherai à cet individu plus que le serment d'Hippocrate. Je me dirai que parce qu’elle est une femme elle est incompétente, probablement vénale, sans doute un peu bête.

Pour finir. 

 

Le dress code est plus qu’une mode, il est un symbole nécessaire à la reconnaissance de certaines professions (policiers, pompiers, médecins) et utile au folklore d’autres (traders, avocats). Il nous impose de former un jugement reposant sur notre imaginaire. Seulement voilà : l’imaginaire est fertile. Il produit des croyances sur la nature des médecins, mais aussi sur la nature des femmes, des hommes, des nations ou des ethnies.

La semaine prochaine nous parlerons du lien entre dress code et sexisme en nous posant cette question : peut-on juger quelqu’un sur la longueur de sa jupe ? 

 

 

Positivement votre :)

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