#8 - Sois-heureux et tais-toi !

Dorian Lacaze
Dorian Lacaze 22 février 2018
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Lâche-toi !

 

Vis le moment présent, aie confiance ! Souris un peu, chasse tes pensées négatives, dis-toi que tout est possible, que ton opinion de toi-même est le seul obstacle à l’accomplissement de tes objectifs ! Et puis fais du sport, apprend à te connaître, cultive-toi, mange sainement, consomme bien, donne un sens à ta vie et surtout, surtout détend-toi je te trouve vachement crispé ! Chercher le bonheur semble aujourd’hui bien facile et bien compliqué. Les bons conseils sont légions, tous sont clairs et tous sont simples. Mais alors qui écouter dans ce brouhaha ? Parce que si tout le monde a raison, accéder au bonheur paraît quand même un peu étouffant. Si tu dois appliquer tous ces impératifs en même temps, j’ai du mal à voir quel temps il te restera pour être heureux !

 

Le bonheur dépend de toi

 

Pour ne pas t’encombrer des milles déclinaisons de la sagesse moderne on peut retenir ce qui se cache sous elles, une idée précieuse qui donne lieu à bien des sottises : ton bonheur dépend de toi. Cette idée, banale pour beaucoup, véritablement scandaleuse pour d’autres, est le terreau fertile sur lequel poussent les recettes du bonheur. Ces recettes donnent une multitude de choses à changer dans notre rapport au monde. Elles combinent souvent deux domaines : mon rapport au monde et mon rapport à moi-même. « Dors bien et ne fais pas trop attention à l’avis des autres. » « Prend soin de ton corps et apprend à t’aimer. » « Fais plus de rencontres, ouvre toi aux nouvelles expériences. » « Prend le temps de méditer une heure par jour. » « Accorde-toi une heure de bien-être quotidien. » Des petits aphorismes, des petites briques pour être heureux. Coller ces briques les unes aux autres, cimenter entre elles les petites sagesses hétéroclites : c’est cela construire son bonheur.

 

Le bonheur ne dépend pas de toi

 

Ton bonheur dépend de toi, cela sous-entend qu’il ne dépend pas des accidents du monde qui t’entoure. Tout cela permet de te dire : ce bonheur est pleinement mien puisqu’il vient de mes propres forces. Cependant, en faisant de soi la base du bonheur, il ne faut pas oublier qu’on le pose sur un socle qui change : « je » mûrit quand le temps passe, « je » me réinvente, jeté dans le flot de la vie, « je » ne cesse de me transformer. Le bonheur est un arrangement polymorphe, une construction en équilibre sur la vie, sol mouvant. Les grands malheurs y font glisser le terrain, en menacent les fondations, nous forcent à sortir de nos zones de confort pour dresser à la va-vite des échafaudages de fortune. Les grandes joies aussi le mettent en danger : on tend à y confondre plaisir et bonheur et l’on s’étonnera demain de regretter aussi profondément l’absence de ce qui n’était hier qu’accessoire. Se prémunir des grandes joies et des grandes tristesses, voilà donc le secret du bonheur ? Mais tu tombes amoureux, mais cet amour s’en va, mais la vie vient, mais elle s’envole et le chaud et le froid du hasard souffle sur l’existence. Rester immobile dans le flux toujours changeant du monde en plus d’être difficile, est dangereux. En bâtissant un bonheur hors sol, tu risques de le monter sur les pilotis de l’indifférence, de préserver ton orgueil dans le formol du mépris, d’enfermer ton sourire entre les murs du sarcasme.

 

 Le bonheur n'est pas une absence de tristesse 

 

La recherche du bonheur ne doit pas aboutir à la construction d’une cathédrale à ta propre gloire, à un monument d’égocentrisme au bas duquel on apposerait ces mots : « Moi mon me ma ». Un monde existe qui ne dépend pas que de nous, sur lequel nous n’avons aucune prise et qui nous apporte le plaisir et la peine. Oui, malgré tous tes efforts sur toi-même, sur tes perceptions, malgré les recettes de bien être que tu suis religieusement, la joie peut arriver par hasard, le malheur te tomber sur le coin de la figure. Le bonheur n’est pas plus l’absence de tristesse qu’il n’est l’absence de joie. C’est un état durable, une façon prudente de se positionner dans le monde, une tranquillité d’être là. Si la joie frappe à la porte, laisse la entrer, accepte sa présence, prépare lui un siège confortable et une tisane bien chaude. Si c’est la tristesse qui toque, ouvre lui aussi, prend le temps de l’installer, discutez un peu, elle en vaut la peine.

 

Pour finir. 

 

L’homme heureux est tranquille, il sait qu’il fait ce qu’il peut, il sait surtout qu’il ne peut pas tout. Il pioche ici et là des bouts des sagesses qui l’entourent. Il a compris que le bonheur ne se construit pas comme on construit un château fort – pour soi contre le monde. Le bonheur est un hamac tendu entre les aléas du monde, bercé par le vent calme de la vie qui passe. Il faut s’y diriger comme le vacancier vers son hamac : trèèèèèèèèèèèès tranquillement. 

 

 

Positivement votre :)

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